The Remains de Thomas Della Bella (2016)    17 Juin 2019     

Nous vous parlions, dans l'article consacré à Pledge, du fait que nous n'avions pas souvent l'opportunité de critiquer le deuxième long-métrage d'un réalisateur dont nous avions vu le premier. Aujourd'hui nous allons évoquer un autre genre de réalisateurs que nous croisons de temps en temps. Ceux qui ont réalisé un court-métrage horrifique qu'ils ont ensuite eu l'occasion d'adapter en long-métrage. Parmi les plus connus nous pourrions évoquer Sam Raimi (son Within the Woods est devenu Evil Dead), James Wan et Leigh Whannell qui ont réalisés un court-métrage Saw d'une durée de sept minutes avant de trouver le financement pour en faire un long, et, plus récemment, David F. Sandberg et son Lights Out. Mais transformer un court-métrage en long-métrage n'est pas toujours chose facile, et Thomas Della Bella nous le prouve une fois de plus aujourd'hui.

John, ses filles Izzy et Victoria, et son fils Aiden, s'installent dans une grande maison dans l'espoir d'y trouver un peu de calme et un semblant de vie familiale. Malheureusement pour tout ce beau monde, leur nouvelle maison est hantée suite à de sombres événements qui s'y sont déroulés par le passé. Entre des apparitions étranges, des lampes qui s'allument et des poupées poussiéreuses, ils vont avoir fort à faire.

Avant même de débuter The Remains nous avions déjà une relativement bonne idée du type de film auquel nous étions confrontés. Son affiche, sa note IMDB (3.7) et la présence de Maria Olsen au générique (même si elle est apparue dans quelques bons films, comme Southbound par exemple, elle est surtout abonnée aux grosses séries B). Mais nous n'étions pas à l'abris d'une bonne surprise et avons évidemment regardé le film ans laisser ces premières impressions nous influencer. Malheureusement, les premières minutes du film (et toutes celles qui suivent) vont confirmer nos à priori et faire de The Remains un médiocre divertissement.

Tout y est trop banal, trop cliché et trop bateau. La scène d'introduction et sa séance de spiritisme qui tourne mal, sa famille s'installant dans une grande maison isolée et hantée, ses nombreuses apparitions inquiétantes et étranges qui feraient fuir (ou au moins réagir) tout être humain normal, l'adolescente rebelle, les vieux objets trouvés dans le grenier, etc. Autant de clichés alignés ici maladroitement par Thomas Della Bella sans jamais réellement tenter de nous raconter une histoire ou de nous emmener quelque part. Mais notre séjour pourrait malgré tout être agréable s'il s'agissait de tourner en rond dans une maison hantée en bonne compagnie, mais malheureusement les acteurs ne sont pas à la hauteur, probablement bien perdus et désoeuvrés eux aussi, et l'exploration de la grande bâtisse s'avère du coup bien vide de surprises et d'effroi.

Nous pourrions poursuivre notre critique en vous parlant des effets-spéciaux, de la chute de l'intrigue et de l'avenir cinématographique de Thomas Della Bella, mais nous pensons en avoir déjà bien assez dit sur The Remains pour que vous compreniez pourquoi nous lui remettons une pastille orange et absolument rien de plus. Transformer un court-métrage en long n'est pas toujours chose facile, il ne suffit pas d'aligner les jump-scares pendant soixante minutes (ce que The Remains ne parvient pas à faire de toute façon) pour avoir réalisé un bon film d'horreur.

P.S. Nous profitons de cet article pour vous préciser que Passion Horreur va probablement changer quelque peu de rythme ces prochains temps suite à l'arrivée dans notre famille d'un petit gremlin très attachant. Nous allons tenter de publier malgré tout des articles chaque semaine, mais selon comment notre emploi du temps s'en retrouve chamboulé, il se peut que nous soyons obligés de drastiquement diminuer notre production.

Arflane