The Predator de Shane Black (2018)    04 Décembre 2018     

Trop de cinéma indépendant tue le cinéma indépendant ! Et vu que la majorité des films que nous vous proposons à longueur d'année sont des films indépendants, pourquoi ne pas prendre quelques secondes pour nous plonger dans un bon gros film de studio, un de ces films qui a un budget suffisant pour réaliser 14'666 fois The Battery. Nous parlons évidemment de The Predator, nouvelle suite/reboot de la franchise initiée par John McTiernan en 1987.

Quinn McKenna, un soldat d'élite, croise accidentellement la route d'un Predator qu'il parvient à neutraliser et à capturer. Mais le gouvernement américain ne compte pas simplement divulguer l'existence de vie extraterrestre et va tenter d'étouffer l'affaire, quitte à sacrifier McKenna. Mais lorsque l'extraterrestre se réveille, s'échappe et qu'un de ses congénères débarque sur Terre et se lance à sa poursuite, la situation dérape et semble hors de contrôle.

Avec The Predator version 2018, il nous a été difficile d'anticiper le résultat final. Aux commandes du film, Shane Black, réalisateur d'Iron Man 3 mais surtout acteur dans le Predator original de 1986. Nous pouvions donc espérer un traitement respectueux du matériel de base et éventuellement un film correct, capable de remettre la franchise sur de bons rails. Mais c'était probablement compter sans la mode actuelle qui veut qu'on fasse de l'horreur, mais aussi de l'action, de la comédie, et tout cela pour toute la famille si possible.

Pourtant The Predator n'est pas complètement raté et certains des ingrédients qu'on y trouve sont même plutôt bons (la troupe d'improbables héros par exemple, même s'ils ne sont pas tous bien exploités). Mais trop de faiblesses s'y cachent également, rendant l'ensemble particulièrement bancal pour les spectateurs un peu attentifs. On nous explique ainsi que Jacob Tremblay interprète Rory McKenna, un enfant autiste. Et qui dit autiste au cinéma, dit forcément génie capable de comprendre le langage et la technologie extraterrestre (ce qui est extrêmement pratique, il faut bien le reconnaître). Les lois de la physique semblent quelque peu altérées, et les personnages, pourtant humains, peuvent se permettre des cascades absurdes sans en subir les conséquences (rien d'anormal dans un film d'action). Sans parler de certaines créatures rencontrées qui ont une apparence discutable et ne servent qu'à faire rire les spectateurs.

Quelques choix scénaristiques qui ont plutôt tendance à plomber The Predator à notre sens. Cette version 2018 n'atteindra jamais un statut de film culte comme celui de McTiernan, et qui s'ajoute simplement à la longue liste des remakes/reboot inutiles du 21ème siècle. The Predator reçoit une pastille orange parfaitement assortie à son affiche.

Arflane