Pledge de Daniel Robbins (2018)    10 Juin 2019     

Sans nous être penché sur les statistiques exactes, nous pouvons dire sans trop nous avancer que nous croisons très régulièrement des nouveaux réalisateurs et leur premier long-métrage horrifique. Et dans les articles qui leur sont consacrés, nous concluons souvent en disant qu'il va nous falloir attendre le prochain film du réalisateur pour voir si le premier n'était qu'un accident ou si au contraire il parvient à confirmer l'essai. Mais vu que certains de ces réalisateurs disparaissent complètement de la circulation après leur premier film, nous n'avons que rarement l'opportunité de confirmer ou modifier notre opinion à leur sujet. Sauf qu'aujourd'hui, nous en avons justement les moyens. Car nous avons déjà croisé la route de Daniel Robbins avec Uncaged. Voici donc Pledge, son deuxième film d'horreur.

Justin, Ethan et David sont trois geeks pas franchement populaires qui tentent d'étoffer un peu leur vie sociale. Ils s'invitent comme ils peuvent dans diverses fêtes de fraternités, mais lorsqu'ils ne sont pas purement et simplement mis à la porte ils sont généralement ridiculisés d'une manière ou d'une autre. Mais un soir on leur propose une soirée où on les accueille à bras ouverts. Alcool, femmes et bons moments ... nos trois amis auraient du se douter que c'était trop beau pour être vrai. Le réveil n'en sera que plus douloureux.

Daniel Robbins était-il l'un de ces geeks à qui l'on a mené la vie dure pendant ses années universitaires ? Utilise-t-il Pledge pour nous raconter son calvaire et exorciser quelques-uns de ses démons ? Nous lui poserons la question à la première opportunité, mais d'ici là contentons-nous d'analyser Pledge pour en tirer le bon et le moins bon. L'entrée en matière est relativement classique mais néanmoins efficace, utilisant dix petites minutes pour nous donner une vague idée de ce que nous allons voir et des personnages principaux que nous allons suivre. Le plan d'ouverture, visiblement tourné à l'aide d'un drone, donne immédiatement une certaine qualité et esthétique au film. Qualité de mise en scène que le reste du film parvient heureusement à maintenir.

Pledge repose sur un concept bien simple qui n'aura finalement nécessité qu'une poignée d'acteurs, une grande maison et quelques connaissances en maquillage pour les "effets spéciaux", mais cette simplicité n'est pas à mettre sur la liste de ses défauts. Bien au contraire même, Robbins semble conscient qu'il ne pourra pas nous tenir la jambe toute la nuit avec ce concept et il s'est donc contenté d'aller à l'essentiel, sans prolonger inutilement les mésaventures de ses héros, pour nous livrer un film ne durant même pas une heure vingt. Pour en terminer avec les points positifs, parlons rapidement du casting et signalons que la plupart des acteurs sont bons et crédibles dans leurs rôles, qu'ils soient du côté des gentils geeks ou des méchants membres de la fraternité.

Le principal point négatif réside finalement dans la trop grande prévisibilité de l'intrigue et dans sa chute que vous aurez certainement beaucoup de mal à ne pas voir venir. Daniel Robbins a donc encore un peu de progrès à faire au niveau de l'écriture de ses films (déjà un défaut de Uncaged). Aurons-nous droit à un troisième film d'horreur pour juger de l'évolution ? Pledge reçoit en tout cas une petite pastille jaune plutôt encourageante.

Arflane