Patient Zero de Stefan Ruzowitzky (2018)    09 Janvier 2019     

La pression est grande et la tension perceptible. Aucun film ne veut être la première pastille rouge de l'année et lorsque nous arrivons dans notre salle d'attente et que nous demandons "C'est à qui ?", personne ne nous répond. Les films se dévisagent entre eux, attendant qu'un autre fasse le premier pas et se soumette à notre jugement, espérant que cette première pastille rouge tombera sur un autre. Patient Zero, notre film du jour, a eu un moment de crispation en voyant notre tête à son arrivée, mais il s'en sort finalement très bien.

Une épidémie mondiale (on appelle ça une pandémie) a couvert le globe d'humains infectés et agressifs. Les survivants se terrent dans des abris et, pendant que les militaires tentent de maintenir les infectés à distances, un groupe de scientifiques font tout pour mettre la main sur le patient zéro, le premier être humain à avoir été infecté et dont ils pensent pouvoir tirer un vaccin qui pourrait sauver l'humanité.

Après la huitième saison d'American Horror Story qui traitait d'apocalypse, voici donc Patient Zero, une plongée dans un monde clairement post-apocalyptique où l'humanité est mal en point. Mais comme dit dans notre introduction, Patient Zero nous a tout d'abord relativement inquiété, par la simple présence de Natalie Dormer au générique. Celle-ci, associée à Anthony Byrne (son conjoint), s'était lancée dans la production et réalisation de films relativement bon marchés comme La Part Obscure (sorti en 2018). Nous redoutions donc que Patient Zero soit l'un de ces films, et nous nous attendions à passer 93 minutes un peu compliquées.

Et il est vrai que le budget de Patient Zero est visiblement restreint, mais cela n'a pas empêché Stefan Ruzowitzky et son scénariste Mike Le de nous proposer une intrigue intéressante (même s'il vaut mieux ne pas trop entrer dans les détails, au risque de trouver quelques incohérences). Un petit voyage au pays des infectés et de notre chère humanité. Mais Patient Zero ne se contente pas d'aligner une série de confrontations, de courses poursuites ou de fusillades pour faire passer le temps et divertir bêtement le spectateur, l'intrigue tente d'aborder le sujet sous un angle bien particulier. Pas forcément complètement original et jamais vu, mais définitivement plus intéressant que la plupart des films du genre (à l'image de Daylight's End, article du 5 décembre 2018).

Le budget étant mince, les rebondissements et les effets spéciaux sont malheureusement limités eux aussi, mais tout fan de film post-apo ou de film de zombies/infectés y trouvera certainement son compte. Ceux qui s'attendent à une épidémie d'action et d'explosions seront forcément un peu déçus. Surpris en bien par Patient Zero nous avons décidé de lui remettre une petite pastille jaune, de quoi nous réconcilier temporairement avec Natalie Dormer.

Arflane