La Nuit Déchirée de Mick Garris (1992)    06 Juin 2019     

Avec notre mois sans films des Etats-Unis, nous n'avons évidemment pas pu vous proposer d'adaptation de Stephen King. Il faut donc remonter au 28 mars et à Darkside, les Contes de la Nuit noire pour trouver notre dernier "King". Reprenons donc les bonnes habitudes et passons à notre prochaine adaptation (non sans avoir esquivé provisoirement Misery auquel nous reviendrons, c'est promis), une nouvelle réalisation signée Mick Garris : La Nuit Déchirée.

Charles et sa mère Mary viennent d'emménager dans une nouvelle maison de l'Indiana. Charles est plutôt beau garçon et ne tarde pas à attirer l'attention de la jeune et jolie Tanya. Mais Charles et sa mère Mary ne sont pas ce qu'on pourrait appeler des citoyens américains comme les autres, et Tanya, ainsi que le reste de la petite bourgade où elle vit, vont rapidement s'en rendre compte.

Un synopsis bien flou pour un film ne contenant pas énormément de révélations, afin de conserver autant que possible le mystère qui plane sur La Nuit Déchirée. Stephen King, qui a écrit le scénario du film (qui n'est donc pas basé sur l'un de ses romans ou l'une de ses nouvelles), a tenté d'être relativement original en imaginant des créatures un peu différentes, évitant de nous pondre une nouvelle histoire de vampires, de loups-garous ou d'animal enragé. Malheureusement, cette originalité ne parvient jamais à s'exprimer complètement, l'intrigue du film ne prenant pas vraiment le temps de creuser le sujet pour privilégier l'action.

Mais l'action en question étant divertissante et intrigante, le spectateur n'a initialement pas trop de reproches à faire à La Nuit Déchirée. Les personnages sont relativement caricaturaux et les rebondissements prévisibles, mais le charme des années 1990 opère, aidé par une bande-son composée de bonnes vieilles musiques. Le casting est bon et l'on retrouve avec plaisir des actrices et acteurs comme Cindy Pickett et Lyman Ward (les parent de Ferris Bueller !), Alice Krige parfaite dans son rôle, Mädchen Amick (Twin Peaks) et Ron Perlman dans un petit rôle. Et nous ne vous parlons même pas des quelques caméos amusants qu'on y trouve, dont une apparition de Stephen King. Mais ces réjouissances ne suffisent évidemment pas à faire un bon film d'horreur et vous espérez sans doute que La Nuit Déchirée a tout de même quelques autres qualités sous le coude.

En matière d'horreur il faut se contenter d'un peu de gore et l'ambiance est souvent plus proche de la comédie que de l'effroi. Mais la sauce prend étrangement bien et le spectateur ne peut pas vraiment dire qu'il s'ennuie. On regrettera finalement surtout que l'intrigue ne creuse pas plus profondément l'origine des protagonistes au-delà de la scène d'introduction. Il y avait peut-être matière à développement, voir même à créer une franchise d'une quinzaine de films (c'est en tout cas ce qui se serait passé si La Nuit Déchirée était sorti dans les années 2010, produit par Disney). La Nuit Déchirée reçoit une petite pastille jaune, et ressemble plus à un petit plaisir coupable qu'à un grand moment du cinéma fantastique.

Arflane