Housewife de Can Evrenol (2017)    06 Décembre 2018     

Voilà le deuxième film turc de notre blog, et comme promis dans notre article consacré au premier (Baskin, article du 20 novembre 2018), il s'agit du deuxième long-métrage de Can Evrenol. Ce deuxième film est l'occasion pour lui d'approfondir quelque peu certains thèmes qui semblent lui tenir à coeur.

Holly a connu une enfance particulièrement traumatisante. Mais elle est désormais adulte et le moment est peut-être venu de se confronter à son passé, de tourner la page et de pouvoir enfin se tourner vers l'avenir. C'est entourée de son mari et d'une vieille amie que Holly se rend à une soirée de la mystérieuse association Umbrella of Love and Mind, une soirée qui fait basculer sa vie.

Notre synopsis est très vague, nous en sommes conscients, mais il n'est pas aisé de vous parler de Housewife sans risque de trop en dire. L'intrigue de ce film est elle-même particulièrement nébuleuse et on y retrouve en effet une bonne dose de l'ambiance qui planait déjà dans Baskin. Mais Can Evrenol va encore bien plus loin dans son approche du sujet et nous allons tout de même tenter de vous en parler un peu ici.

Dans Baskin, Evrenol s'amusait avec les limites du réel, du délire ou du rêve (cauchemar), en plongeant ses personnages dans un univers sombrant progressivement dans le fantastique, petit paradoxe temporel à l'appui. Dans Housewife il en va à peu près de même. Evrenol y injecte nombre d'éléments étranges et fantastiques, tentant de perdre son spectateur tout en lui rappelant régulièrement que lui est parfaitement en contrôle de la situation. Mais il va peut-être un peu trop loin dans le flou, oubliant de tenir le spectateur par la main, au risque que celui-ci se perde dans le brouillard.

En résulte un film qu'il faut probablement visionner deux fois pour en profiter pleinement, et donc une première confrontation déstabilisante. Ce n'est évidemment pas un défaut en soi, mais nous vous laisserons juger par vous-même si Evrenol a bien maîtrisé son sujet ou s'il patauge par instants. Si nous avions pris le temps de voir Housewife une deuxième fois, nous aurions peut-être décidé de lui remettre une pastille jaune. Mais en nous basant sur notre unique confrontation, nous sommes obligés de reconnaître que nous avons déconnecté un certain nombre de fois, sentant bien que l'intrigue nous réservait une surprise mais n'appréciant pas forcément complètement le chemin emprunté.

C'est finalement une pastille orange que nous lui remettons, mais le jaune n'est pas loin et Can Evrenol confirme son fort potentiel horrifique. Les influences sont une nouvelle fois nombreuses et elles se font sentir. Il suffit de mieux les canaliser pour atteindre la pastille verte. Gardons la foi.

Arflane