Cold Ground de Fabien Delage (2017)    03 Décembre 2018     

Larry Fessenden ne se dissimule pas dans ce film, ni en personne, ni en voix, ni même en producteur discret, inutile donc de le chercher. Pourtant nous sommes bien en présence d'un petit film indépendant, production française, et found footage qui plus est.

Melissa et Daniel, deux jeunes journalistes, partent pour la frontière franco-suisse, dans les Alpes, où de mystérieuses mutilations d'animaux surviennent depuis peu. Des scientifiques sont également sur place pour étudier l'affaire, mais ceux-ci manquent à l'appel lorsque nos deux journalistes arrivent. Accompagnés d'un guide, un biologiste et d'une spécialiste en sciences forensiques, ils partent à l'assaut de la montagne pour retrouver les scientifiques disparus. Ils vont rapidement regretter leur élan de générosité.

Nos derniers contacts avec l'univers du found footage avaient été plutôt corrects, avec Hell House LLC et Hell House LLC 2, et nous avions quelques raisons d'espérer pour Cold Ground. À commencer par sa note IMDB (comme d'habitude nous direz-vous) qui est de 6,9 au moment où nous écrivons cet article, mais également le cadre dans lequel se déroule l'intrigue (les montagnes enneigées des Alpes), et l'époque (1976) qui implique que tout cela est filmé avec autre chose d'une caméra haute définition actuelle. D'ailleurs, les premières minutes de Cold Ground sont plutôt réussies avec une entrée en matière raisonnable (malgré un léger manque de naturel par moments).

Malheureusement, la suite ne parvient pas à se hisser au-dessus du found footage de base, avec des personnages qui déambulent dans les montagnes (le cadre enneigé restant le principal point positif du reste du film), entendant parfois des bruits, et apercevant, s'ils ont de la chance, une silhouette dans le noir, la neige, et le blizzard. Cold Ground est le premier long-métrage de Fabien Delage après quelques épisodes d'une mystérieuse série télé (ou de deux séries télé) appelée Dead Crossroads (et Dead Crossroads : The Forbidden Files) en mode found footage déjà, et un mystérieux documentaire sur un mystérieux film. Il tente d'opérer la transition tout en douceur en restant en terrain connu.

Mais comme nous l'avons vu par le passé, le found footage est un genre qui ne pardonne pas lorsqu'on n'a pas grand-chose à raconter. Et même si les prémices ne sont pas mauvais, Cold Ground, dans son ensemble, n'a malheureusement aucun réel argument à faire valoir, si ce n'est l'envie farouche de son réalisateur et scénariste ainsi que des acteurs de nous faire croire qu'il se passe actuellement quelque-chose de terrifiant devant nos yeux. Beaucoup de cris, une caméra secouée comme il se doit, mais pas grand chose à se mettre sous la dent comme trop souvent.

Pastille orange pour Cold Ground et tout de même envie de jeter un oeil à 3:15, une anthologie de found footage française (la première à en croire le synopsis) qui devrait, nous l'espérons, bientôt pointer le bout de son museau.

Arflane